L’énigme San Giovanni, Ian Pears par le Vert Lisant

San Giovanni est un monastère bâti sur le mont Aventin et qui se trouve impliqué, à son corps défendant, dans une plaisante intrigue policière qui nous immerge dans les problèmes liés aux vols de peintures et d’icônes. L’auteur, qui est historien d’art, évite le travers d’une érudition envahissante, pour livrer une œuvre sans prétention et bien agréable à lire.
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    Le général Bottando, chef de la brigade romaine pour la protection du patrimoine artistique est, contre son gré, nommé à un poste prestigieux mais purement administratif. Flavia, devenue directrice intérimaire, assume la charge des enquêtes et elle confrontée à un double problème : d’abord on l’a prévenue : un vol sera commis dans San Giovanni, et ensuite, Mary Verney, une redoutable voleuse d’œuvres d’art, vient de s’installer à Rome.

    Flavia se rend au monastère. Victimes d’un vol, il y a deux ans, les moines ne voient pas très bien ce qu’il y aurait encore à voler. Il y a bien, dans la chapelle, une peinture qui passe pour être un Caravage, mais elle est bien abîmée, et elle y est dans les mains d’un restaurateur américain fort mal embouché. Par mesure de précaution, il a fallu fermer le portail extérieur de la chapelle au mécontentement des habitants qui, chaque jour, y venaient vénérer une vielle icône ; mais qui voudrait voler cette dernière? Elle a souffert des outrages du temps et une restauration maladroite lui a conféré un ton brunâtre.

   Interrogée par Flavia, Mary Verney jure ses grands dieux qu’elle fait simplement du tourisme à Rome, qu’elle s’est retirée définitivement des « affaires » et qu’elle est suffisamment riche que pour s’offrir un tableau, si elle le voulait. Ce qu’elle ne dit pas, c’est que la personne qui a enlevé sa petite-fille l’oblige, si elle veut la revoir, à voler cette icône. Ainsi, en « touriste », Mary se promène dans la rue qui mène au monastère et, à son grand étonnement, elle voit un homme, pressé, sortir de la chapelle – dont le portail est étrangement ouvert –  une mallette à la main. Comme elle ne doute pas qu’il vient de voler l’icône, elle le suit jusqu’à la consigne d’une gare où il enferme sa mallette. Jouant la touriste, distraite et bafouillant l’italien, elle se fait ouvrir la case après avoir soigneusement décrit son contenu. Elle croit détenir l’icône, mais lorsqu’elle ouvre la mallette, à l’abri des regards, elle y trouve des billets de banque pour une valeur de 240.000 dollars.

   Pendant ce temps-là, l’on a découvert, dans la chapelle, le supérieur gisant à terre, si brutalement agressé qu’il doit être hospitalisé et, en plus, l’icône a disparu. Et s’il n’y avait que cela : peu après, on repêche dans le Tibre l’homme à la mallette, un certain Buckhard, un tout grand spécialiste des icônes. L’enquête de Flavia la mène à un grand amateur d’art et d’icônes : le richissime grec Charanis, mais quand elle demande des renseignements, à son sujet, c’est l’ambassade de Grèce qui intervient. Un diplomate l’assure qu’elle fait fausse route : Mikis Charanis est au-dessus de tout soupçon. Cependant, par après, ce même diplomate lui révèle , en toute discrétion, que Charanis a un fils, un voyou de la pire espèce ; il est, à présent, à la tête d’un dangereux parti d’extrême droite et l’icône, d’origine byzantine, doit dans son esprit, devenir l’emblème qui rallierait à son mouvement un grand nombre de Grecs.

   Argyl, le fiancé de Flavia, professeur d’art baroque et rat de bibliothèque, se rend au monastère : il a découvert des articles de Buckhard qui le mentionne et il désire se plonger dans les archives de l’établissement, mais …. leur seul catalogue est dans la tête d’un vieux moine. La conversation avec ce dernier, divaguant par moment, va divulguer un important secret.

   Flavia, de son côté, veut débusquer et arrêter le fils de Mikis Charanis. Comme celui-ci veut l’icône et que cette dernière a disparu, le restaurateur consent à peindre un faux parfaitement ressemblant. Il n’y a plus qu’à faire savoir que l’icône est exposée dans une certaine galerie et y tendre une souricière.

   Reste à savoir si cela va fonctionner et à découvrir où se trouve l’icône. Mary Verney va va-t-elle retrouver sa petite-fille ?  Et que va-t-elle faire faire des 240.000 dollars que transportait (à quelle fin?) Buckhard ?

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     L’énigme San Giovanni est le sixième tome d’une série mettant en scène le général Bottando, Flavia et son compagnon Argyl. Comme dans les volumes précédents l’auteur opte pour un ton léger, parfois teinté d’humour, évitant de nous noyer dans une érudition sur l’art dont il est un spécialiste. L’oeuvre n’est pas un roman policier et encore moins un ouvrage au suspens prenant, elle propose, par contre, des énigmes, des fausses pistes et suffisamment de rebondissements que pour soutenir l’intérêt. Sans prétention, d’une lecture agréable, elle offre : des personnages sympathiques, un adroit mélange de connaissance sur l’art, d’intrigues, de péripéties et d’humour, ainsi qu’une conclusion des plus surprenantes.

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